Vivre en Angleterre à la fin du XIXe siècle (Moldus)

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Message par Mystères de Poudlard » 30 juil. 2020, 13:06

Ce document n’est absolument pas à connaître sur le bout des doigts. Son objectif est de vous servir d’inspiration et/ou d’appui lorsque vous rédigerez votre fiche de personnage. Qui était le premier ministre en 1890 ? Peut-on inventer un personnage esclave qui arrive à Poudlard ? Quelle est l’espérance de vie à l’époque ?

Ce document est là pour répondre à toutes vos questions.

Une précision cependant : il s’agit d’un condensé, afin que l’information soit la plus claire et la moins rébarbative possible. Si vous souhaitez plus de renseignements sur un sujet précis, envoyez-moi un mp, je me ferai un plaisir de vous répondre :)

Par ailleurs, je ne saurais que trop vous recommander la lecture (ou au moins le survol) de cette excellente page Wikipedia pour mieux comprendre l’époque dans laquelle s’inscrit la campagne :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Innovatio ... icit%C3%A9

Bonne lecture à vous :)

La version sous format google document se trouve ici

I- Contexte historique
A- Le pays
B- La reine Victoria
C- Système politique
D- Les colonies

II- Contexte économique
A- La première révolution industrielle
B- La deuxième révolution industrielle

III- Contexte social
A- Alphabétisation
B- La culture et les loisirs
C- Droit de vote et mouvements féministes
D- La culture du macabre et du sensationnel
E- Le cas de l'Irlande

IV- Les classes sociales
A- La classe supérieure
B- La classe moyenne
C- La classe ouvrière

V- Les vêtements
A- Classe supérieure et classe moyenne
B- Classe ouvrière

VI- Les moyens de transport

VII- Un exemple : Londres au XIXe siècle

VIII- Questions-réponses

IX- Bibliographie

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Message par Mystères de Poudlard » 30 juil. 2020, 13:08

I- Contexte historique


A- Le pays

Depuis 1801, on parle de Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande, un ensemble de territoires quasiment semblable à aujourd’hui, qui comprend l’Angleterre, le Pays de Galles depuis le début du XVIe siècle, l’Ecosse depuis 1707, et l’Irlande depuis 1801.

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Message par Mystères de Poudlard » 30 juil. 2020, 13:09

B- La reine Victoria

Depuis 1837, le souverain est la reine Victoria. Elle épouse en 1840 le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, avec lequel elle a neuf enfants. Le prince Albert meurt en 1861. Elle sombre alors dans une profonde dépression, s’habille toujours en noir, et se retire de la vie publique. Sa popularité s’affaiblit, favorisant la montée d’un sentiment républicain. Néanmoins, en 1871 le prince de Galles Edouard (fils aîné de Victoria, futur Edouard VII) contracte une maladie, la fièvre typhoïde, alors que le dixième anniversaire de la mort du prince Albert approche. Edouard se remet de sa maladie. Victoria et Edouard assistent à une célébration publique à Londres et à une grand-messe d’action de grâce en 1872. La popularité de Victoria remonte à cette occasion : elle apparaît certes comme une souveraine, mais également comme une mère qui s’est inquiétée pour son fils. Le lendemain, un jeune homme âgé de 17 ans, Arthur O’Connor, agite un pistolet non-chargé devant le cortège de Victoria à sa sortie du palais de Buckingham. Il est rapidement maîtrisé, et la popularité de Victoria remonte encore, affaiblissant considérablement le mouvement républicain.

En 1876, Victoria prend le titre d’impératrice des Indes.

En 1887, l'Empire britannique célèbre le jubilé d’or (cinquantième anniversaire de règne) de Victoria. La reine le célèbre le 20 juin avec un banquet auquel participent 50 nobles européens. Le lendemain, elle participe à une procession et à un service religieux à l’abbaye de Westminster. Victoria est alors redevenue extrêmement populaire.

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Message par Mystères de Poudlard » 30 juil. 2020, 13:09

C- Système politique

Il est similaire à celui qu’on connaît aujourd’hui : le pouvoir exécutif est exercé par le gouvernement dirigé par le Premier ministre au nom de la reine. Le pouvoir législatif est exercé par le Parlement qui comprend la reine, la Chambre des communes élue et de la Chambre des lords non élue. Les membres du gouvernement sont en même temps membres d'une des chambres du Parlement et les plus importants d'entre eux forment le cabinet présidé par le Premier ministre.

Au Parlement, deux grands partis s’opposent, les libéraux et les conservateurs. Les libéraux, autrefois appelés les whigs, militent en faveur d'un parlement fort en s'opposant à l’absolutisme royal. Ils sont également favorables au libre-échangisme. Ils deviennent le Parti libéral en 1830. Les conservateurs, autrefois appelés tories, se montrent plutôt protectionnistes, s'opposant au libre-échangisme du Parti libéral. À la fin du XIXe siècle, Benjamin Disraeli fait du parti conservateur un parti fièrement impérialiste. Le Parti conservateur se distingue alors par sa défense de l'Eglise anglicane et sa réticence à accorder l'autonomie à l’Irlande.

Les années 1890 sont une période d’instabilité politique, dûe à des renversements de gouvernement suite à des élections, des démissions suite au rejet de lois, et de gouvernements trop faibles au Parlement pour pouvoir gouverner correctement.

Voici les premiers ministres qui se succèdent depuis les années 1870 :

1868-1874 : William Gladstone, libéral
1874-1880 : Benjamin Disraëli, conservateur
1880-1885 : William Gladstone, libéral
1885-1886 : Robert Gascoyne-Cecil, conservateur
1886-1886 : William Gladstone, libéral
1886- ? : Robert Gascoyne-Cecil, conservateur

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Message par Mystères de Poudlard » 30 juil. 2020, 13:23

D- Les colonies

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Voici une carte qui résume les possessions de l’Empire britannique à la fin du XIXe siècle (la carte porte la légende de 1930, mais ça a peu changé en 1890).

On considère qu’il y a eu deux Empires coloniaux britanniques.

1- Le Premier Empire britannique (1583-1783)

Le Premier Empire britannique, entre 1583 et 1783, commence avec le règne de la reine Elizabeth Ire et se concentre notamment sur la colonisation de l’Amérique et de l’Afrique (c’est à cette époque que l’on parle de commerce triangulaire).
A la fin du XVIe siècle, l’Angleterre et les Pays-Bas (Hollande) se disputent les Indes et le marché asiatique. La Compagnie anglaise des Indes orientales est fondée en 1600.
De manière générale, l’Espagne, le Portugal, la Hollande, la France et l’Angleterre se disputent les territoires. Néanmoins, au XVIIIe siècle, l’Espagne, le Portugal et la Hollande s’effondrent, et la rivalité se fait majoritairement entre la France et l’Angleterre.

Au cours des années 1760 et 1770, les relations entre la Grande-Bretagne et les Treize colonies d’Amérique se détériorent en particulier du fait de la volonté du parlement britannique de taxer les colons américains sans leur accord. En effet, les colons n'étaient pas représentés au parlement de Westminster. Le mécontentement déclenche la révolution américaine et la guerre d’indépendance des Etats-Unis en 1775. Avec l'aide de la France, de l'Espagne et des Pays-Bas, les États-Unis gagnent la guerre en 1783.


2- Le Second Empire britannique (1783-1914)

La perte des Treize colonies, à l'époque la possession la plus peuplée de la Grande-Bretagne, marque un tournant entre les deux Empires : désormais, le Royaume-Uni se détourne de l'Amérique au profit de l'Asie, de l'Afrique et du Pacifique.

Depuis 1718, la déportation dans les colonies américaines était la peine pour divers actes criminels en Grande-Bretagne. Or avec l’indépendance des Treize colonies, il fallait trouver un autre endroit pour déporter les condamnés. L’Australie est connue depuis 1770, et les premiers condamnés arrivèrent en 1788.

La menace de Napoléon sur le continent européen est prise très au sérieux par la Grande-Bretagne. Le Royaume-Uni investit des ressources considérables pour vaincre la France napoléonienne, mais en vain. Incapable de rivaliser avec la puissance française en Europe continentale, la Grande-Bretagne se concentre finalement sur le contrôle des mers.

La défaite de Napoléon en 1815 laisse la Grande-Bretagne sans réel opposant, à l'exception de la Russie en Asie centrale. Dominant les mers, le Royaume-Uni adopte un rôle de policier du monde dans ce qui sera désigné par l'expression de Pax Britannica (la paix britannique). En plus du contrôle formel qu'il exerce sur ses propres colonies, la position dominante du Royaume-Uni dans le commerce mondial fait qu'il contrôle les économies de nombreux pays comme la Chine, l’Argentine ou le Siam. La puissance impériale britannique est soutenue par les bateaux à vapeur et le télégraphe, deux technologies développées dans la seconde moitié du XIXe siècle qui permettent à la Grande-Bretagne de contrôler et de défendre son empire. De plus, le développement de la quinine, un traitement efficace contre la malaria, permet de pénétrer dans les vastes zones tropicales.

La Compagnie anglaise des Indes orientales domine la situation notamment sur son rival français. Cela a pour principale conséquence de faire des Indes la plus profitable colonie anglaise. Elle participe en outre à l'expansion de l'Empire britannique en Asie. Depuis ses possessions en Inde, la Compagnie est également engagée dans le très lucratif commerce de l'opium avec la Chine depuis les années 1730. Ce commerce, illégal en Chine, engendra deux “guerres de l’opium” (1839-1842 puis 1856-1860).

Néanmoins, tout n’est pas rose en Inde. En 1857, une mutinerie de cipayes, soldats indiens intégrés dans l'armée britannique, dégénère en un large conflit. Cette “révolte des cipayes” entraîne la chute de la Compagnie anglaise des Indes orientales et sa dissolution en 1874. En 1875, le prince de Galles Edouard effectue un long voyage de huit mois en Inde. À la fin de ce voyage, le Parlement offre à sa mère le titre d’impératrice des Indes, en particulier du fait du succès de la visite.

Autre “point chaud” de ce Second Empire britannique, la domination de l’Egypte.
En 1869, le canal de Suez promu par Napoléon III est ouvert et relie la Méditerranée à l'océan Indien. Les Britanniques s'étaient initialement opposés à sa construction mais une fois ouvert sa valeur stratégique est rapidement reconnue. Le contrôle financier anglo-français sur l'Égypte prend fin en 1882 avec l'occupation du pays par le Royaume-Uni après une guerre rapide. Les Français, majoritaires dans les parts du canal, tentent d'affaiblir la position britannique mais un compromis est trouvé en 1888 avec la convention de Constantinople qui confirme la neutralité du canal.
D’autre part, comme les activités coloniales des Français, des Belges et des Portugais dans le bassin du Congo entraînent des tensions entre les différents pays, la conférence de Berlin de 1884 est organisée pour réglementer la compétition dans ce qui est appelé le “partage de l’Afrique”.

Petit point sur l’esclavage pour terminer.

Plusieurs révoltes font progresser l’idée qu’il faut mieux traiter les esclaves. Sous la pression du mouvement abolitionniste, le gouvernement britannique adopte le “Slave Trade Act” de 1807 qui met fin au commerce des esclaves dans l'Empire.

En 1815, le Parlement de Londres décide d’établir un registre officiel des esclaves. Suite à deux nouvelles révoltes d’esclaves, le mouvement abolitionniste de masse se lève et des pétitions sont signées par des centaines de milliers de personnes, principalement des ouvriers. Le Slavery Abolition Act de 1833 met fin à l'esclavage dans l'Empire britannique à quelques exceptions près qui furent par la suite supprimées.

-> En 1890, l’esclavage est donc totalement aboli en Angleterre et n’existe plus dans les colonies anglaises.

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Message par Mystères de Poudlard » 30 juil. 2020, 13:24

II- Contexte économique

La période 1890 est fortement marquée par la deuxième révolution industrielle.

La révolution industrielle est le processus historique du XIXe siècle qui fait basculer, une société à dominante agraire et artisanale vers une société commerciale et industrielle. Cette transformation, tirée par le boom ferroviaire des années 1840, affecte profondément l'agriculture, l'économie, le droit, la politique, la société et l’environnement.

Dans le détail, il y a deux révolutions industrielles.

A- La première révolution industrielle, entre 1750 et 1810

Dès le début du XVIIIe siècle, la machine à vapeur actionnant des pompes d'évacuation de l'eau infiltrée dans les galeries de mines permet d'extraire le charbon en Grande-Bretagne, qui n'était jusque-là pas accessible. D'autres machines à vapeur développées par James Watt en 1769, servant de moteur, ont fait naître l'industrie et de nombreuses usines de textile ont vu le jour. L'exploitation massive du charbon transforme en « Pays noir » le nord du Pays de Galles et de l'Angleterre, zone connue sous le nom d'« anneau des Midlands ».

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Message par Mystères de Poudlard » 30 juil. 2020, 13:26

B- La deuxième révolution industrielle, entre 1810 et 1910

Les secteurs qui se développent pendant la seconde révolution industrielle sont l'acier, l'électrométallurgie, et la chimie, accompagnés, à la fin du XIXe siècle, par l’électricité : la lampe à incandescence de Thomas Edison date de 1879. Les usines se créent, se développent et recrutent.

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Message par Mystères de Poudlard » 30 juil. 2020, 13:27

III- Contexte social

La majorité est fixée à l’âge de 21 ans. L’espérance de vie est autour de 70 ans pour les classes les plus aisées, 50 ans pour les classes les plus pauvres, même si un grand nombre de paramètres font varier cette espérance de vie (classe sociale, vie à la ville/campagne, profession…).

A- L’alphabétisation

Dans l’ensemble des îles britanniques, des écoles dispensent aux enfants un enseignement rudimentaire, mais réel. La loi de Mundella, votée en 1880, instaure l’enseignement obligatoire pour tous les enfants de 5 à 10 ans. De manière à assurer l’efficacité de cette mesure, aucun enfant entre 10 et 13 ans ne peut être employé sans produire un certificat indiquant qu’il a atteint un certain niveau scolaire ou fréquenté l’école sur une certaine durée. Néanmoins, l’école n’est pas encore gratuite, elle est prise en charge par la paroisse. Résultat, on considère qu’à l’époque qui nous occupe, environ 80% des enfants savent lire, écrire et compter, avec des disparités liées aux régions : l’Ecosse est la région la plus instruite car fortement soutenue par l’Eglise, tandis que l’Irlande et le Pays de Galles sont à la traîne.

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Message par Mystères de Poudlard » 30 juil. 2020, 13:27

B- La culture et les loisirs

Côté culturel, l’offre est assez pauvre. Les quelques musées, comme la National Gallery (fondée en 1824) ou le British Museum (gratuit à partir de 1810), sont surtout situés à Londres et ne touchent qu’une petite minorité aisée; les premières bibliothèques publiques apparaissent à partir de 1850 mais sont assez rares.

Le livre est encore assez cher et seules les classes moyennes et supérieures, avec éventuellement quelques ouvriers aisés, peuvent s’en offrir régulièrement. En revanche, c’est la période de l’explosion des journaux à un penny donc très peu chers et pouvant être achetés par tous. Ce sont souvent des journaux à scandale ou à sensations.

C’est également le début du tourisme pour les classes les plus fortunées (l’agence de voyages Thomas Cook ouvre ses portes en 1841), grâce au développement du chemin de fer. Plus populaires sont les excursions à la journée, notamment autour des villes de bains et de bord de mer (Bath, Blackpool).

Enfin, la musique populaire connaît un véritable essor à partir du milieu du XIXe siècle : les imprimeurs diffusent des ballades connues de tous, et les fanfares locales se multiplient. D’autres loisirs prospèrent également : le théâtre, la pantomime, le music-hall, le cirque, les courses de chevaux, certains sports comme le football, la boxe anglaise et le cricket, etc.

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Message par Mystères de Poudlard » 30 juil. 2020, 13:27

C- Droit de vote et mouvements féministes

Depuis 1884, ont droit de vote tous les hommes qui paient un loyer annuel de 10 livres et tous ceux qui détiennent des terres d'une valeur de 10 livres. Pour se faire une idée, cela représente environ 60% des hommes de Grande-Bretagne. Les femmes n’ont pas droit de vote.

Depuis 1870, des organisations dites “suffragistes” militent pour le droit de vote des femmes. Lors de la réforme du droit de vote de 1883, la question du droit de vote des femmes est celle qui occupe la majeure partie des débats. Néanmoins, on n’est pas encore dans les grands mouvements de suffragettes tels qu’on l’imagine, qui auront lieu quelques années plus tard. Pour l’instant, il ne s’agit encore que de débats et de quelques manifestations pacifiques. Le mouvement est assez mal perçu par une partie de la population, homme comme femme, qui considère que ces femmes délaissent leur foyer au profit de revendications inutiles voire dangereuses pour la société.

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Message par Mystères de Poudlard » 30 juil. 2020, 13:28

D- La culture du macabre et du sensationnel

Le XIXe siècle est une époque où il y a une réelle curiosité presque cathartique pour le grotesque et l’extraordinaire. Toutes les grandes foires ont également leur ménagerie, et leurs montreurs d’êtres difformes et de curiosités : en 1880, John Merrick dit “l’homme-éléphant” attire une foule importante et sa popularité s’étend dans toute la Grande-Bretagne. C’est au XIXe siècle qu’apparaissent les premiers cirques.
La mort est un drame à titre personnel mais un spectacle à titre collectif : les exécutions sont publiques jusqu’en 1869 et si en 1835 une loi interdit les combats d’animaux, en pratique les combats de coqs et de rats sont toujours pratiqués de manière clandestine, avec des paris à la clé. De plus, il y a un réel engouement pour la “littérature de gibet”, c’est-à-dire la lecture de journaux évoquant les crimes les plus célèbres de l’époque.

Néanmoins, un mouvement croissant pour “civiliser le peuple” se développe, et on assiste alors à la naissance de nombreuses sociétés de tempérance, d’une Société contre la cruauté envers les animaux (1824) ou d’une Société pour la suppression du vice (1802). Ces structures, sous différents noms, existent encore à la fin du XIXe siècle. Attention cependant : ces structures ne sont pas là pour défendre les animaux ou autres mais bien pour civiliser la violence populaire, pour leur faire acquérir un vernis de “bonnes manières”.

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Message par Mystères de Poudlard » 30 juil. 2020, 13:28

E- Le cas de l’Irlande

L’Irlande est la région la plus tardivement rattachée à la Grande-Bretagne, et ce rattachement provoque des remous qui ont eu des répercussions durant tout le XIXe siècle. L’épisode de la Grande Famine, entre 1845 et 1852, due à la politique économique impériale britannique, des méthodes agricoles inappropriées et l'apparition d’une maladie de la pomme de terre sur l'île, provoque un véritable scandale en Grande-Bretagne. Durant la 2e moitié du XIXe siècle, les émeutes se succèdent et les premiers ministres vont se déchirer sur la question irlandaise, certains prônant une plus grande autonomie de l’Irlande pour calmer les émeutes (les libéraux) quand d’autres en souhaitent au contraire un contrôle plus strict (les conservateurs).
C’est dans cette atmosphère tendue que se déroule le Bloody Sunday en 1887. Il s’agit d’une manifestation pacifique à Londres composée essentiellement d’ouvriers protestant contre les Coercion Acts (lois) visant à maintenir l’ordre en Irlande. La manifestation promettant d’être très suivie, elle est interdite, mais les meneurs appellent néanmoins à la maintenir. La police charge pour disperser la manifestation, faisant au moins trois morts et plus de deux cents blessés.
En 1890, la question irlandaise continue à diviser la classe politique.

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Message par Mystères de Poudlard » 30 juil. 2020, 13:31

IV- Les classes sociales

On peut très schématiquement découper la société anglaise en trois grandes classes. Evidemment, la réalité est un peu plus nuancée, mais ce découpage sera suffisant pour le propos présent.

A- La classe supérieure

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Tous les nobles ont la possibilité de siéger au Parlement, à la Chambre des Lords. La plupart cependant ne le font pas, par désintérêt ou par éloignement : en effet, ils habitent le plus souvent à la campagne, sur leurs terres, et ne disposent pas nécessairement de pied à terre à Londres pour assister aux sessions du Parlement.
De plus, tous les membres de la classe supérieure ne sont pas fortunés. Certains peuvent avoir hérité de terres de peu de valeur, ou perdre leur argent au jeu, suite à un pari, ou à cause d’un train de vie dispendieux. Autant dire que le beau duc ténébreux et richissime est extrêmement rare !

1- La Saison

A l’origine, il s’agit de la saison parlementaire. Elle s’étend de novembre à juillet, pendant laquelle le Parlement siège. Or le Parlement est composé de la Chambre des Lords et de la Chambre des Communes. Autrement dit, à la saison parlementaire s’est juxtaposée la Saison, période au cours de laquelle l’aristocratie se retrouve à Londres pour les bals, les réceptions, les soirées mondaines… et en profiter pour échanger tous les potins de l’année.
Les aristocrates ne restent cependant pas à Londres pendant neuf mois. En fonction des sessions parlementaires et de leurs invitations, ils peuvent faire des allées-venues entre la campagne et Londres.

Entre juillet et novembre, c’est la morte-saison. A cause de la chaleur souvent étouffante à Londres en été, les aristocrates retournent sur leurs terres à la campagne, ou partent à l’étranger. L’Europe, et notamment la Côte d’Azur et l’Italie, est la destination privilégiée de ces villégiatures.


2- L’éducation des enfants

En 1890, le protocole est le suivant : les jeunes enfants sont d’abord élevés par une nounou, puis, à l’âge de six-sept ans, reçoivent une instruction donnée par des précepteurs particuliers, souvent nourris et logés sur place. Enfin, une fois adolescents, vers onze ans, il est de coutume que les garçons aillent dans des collèges pour parfaire leur instruction (Eton, Oxford) tandis que les filles vont dans des pensionnats, de préférence à l’étranger (France, Suisse, Italie) pour renforcer leur vernis d’éducation culturelle. Vers l’âge de dix-sept ou dix-huit ans, ils reviennent chez leurs parents pour faire leurs débuts dans la bonne société.

Les jeunes filles doivent impérativement, l’année de leurs dix-huit ans, être présentées à la reine Victoria lors des bals de débutantes qui lancent la Saison. La Saison est également l’occasion de se chercher un mari, et plus elles le trouvent tôt, et mieux c’est. Par ailleurs, afin de préserver leur pureté, elles ne peuvent sortir seules et sont nécessairement accompagnées d’un chaperon, une tante ou une cousine de la génération précédente qui veille à ce que la réputation de la jeune fille ne soit pas compromise.

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Message par Mystères de Poudlard » 30 juil. 2020, 13:36

B- La classe moyenne

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On a là ce qu’on peut appeler la bourgeoisie. Ces gens-là doivent travailler pour gagner leur vie, par contre il s’agit de travails « de qualité », plutôt intellectuels et nécessitant une bonne éducation. On travaille, c’est vrai, mais on reste du côté de ceux qui dirigent, et non pas des vulgaires exécutants.
Ils se caractérisent par leurs opinions non-conformistes et libérales mais cherchent en permanence à monter les échelons de l’échelle sociale.
Ceux qui ont le mieux réussi prennent parfois un titre de noblesse (par l’achat ou l’hommage du roi), basculent du côté des classes dirigeantes et envoient leurs enfants dans les très chères « public schools » (écoles privées).
Côté loisirs, c’est le musée, la galerie d’art, le théâtre, la bibliothèque, la semaine de vacances, le voyage sur le continent, le salon avec un piano qui prévalent.

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Message par Mystères de Poudlard » 30 juil. 2020, 13:39

C- La classe ouvrière

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(Il y a une petite erreur dans ce tableau, il s’agit bien de l’upper/lower working class.)

Ici, on parle de 80% de la population : ce sont eux, les bras qui travaillent dur. Il s’agit là de tous les travaux manuels, rémunérés par des gages ou un salaire.
Depuis les années 1830 naît le syndicalisme ouvrier qui permet un certain nombre d’améliorations de la condition de vie. Ainsi en 1890 le travail ne dépasse pas 10h par jour sur cinq jours, le week-end étant chômé. Cependant, les salaires restent bas, et la plupart des travailleurs sont vite en mauvaise santé à cause d’une alimentation peu variée et des conditions de travail difficiles.

Côté femmes, les jeunes filles peuvent travailler, mais lorsqu’elles se marient elles restent au foyer. Elles gèrent le ménage et l’intendance grâce au salaire ramené par le mari. Les travailleurs les plus aisés possèdent une pièce, le salon, qu’ils utilisent rarement, et uniquement pour recevoir des amis ou des visiteurs. C’est souvent la pièce la plus belle de la maison, en tout cas la plus soignée.

Les vêtements sont rares faute de moyens : en général, un homme possède deux complets, l’un qu’il met tous les jours pour aller travailler et l’autre qu’il porte le dimanche. Au bout d’un an, le premier complet finit en chiffons, le complet du dimanche sert de complet quotidien et l’on rachète un complet pour le dimanche.

Les loisirs des travailleurs sont différents de ceux de la middle class. Le football, le music-hall, la fanfare, la lecture de la presse à sensation sont les principales activités de cette classe et, avec, pour les plus aisés, une journée de villégiature au bord de la mer de temps à autres (Blackpool).

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Message par Mystères de Poudlard » 30 juil. 2020, 14:05

V- Les vêtements

A- Classe supérieure et classe moyenne

Les élégants (et fortunés) ont plusieurs tenues qu’ils mettent en fonction du moment de la journée et des activités prévues.
De plus, devant le fort essor des activités sportives et touristiques, un certain nombre de costumes adaptés voient le jour : tenue de baignade, tenue pour le tennis, pour le vélo…

Quelques exemples de tenues de cette époque :

Tenues d'extérieur :
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Robe d'après-midi :
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Robe de soirée :
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Habits de jour :
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Les débuts du smoking pour les soirées :
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Enfants de 2-4 ans :
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Enfants de 5-8 ans :
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Chez les enfants, la mode est aux vêtements longueur genou. La marinière pour les garçons est indispensable.

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Message par Mystères de Poudlard » 30 juil. 2020, 14:19

B- Classe des travailleurs

Chez les travailleurs, le vêtement est simple et pratique : blouse/chemisier et jupe ample chez les femmes, chemise, pantalon et béret pour les hommes.

Vêtement quotidien des femmes :

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Vêtement quotidien des hommes :

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Vêtement quotidien des jeunes adolescentes :

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Vêtement quotidien des jeunes adolescents :

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Message par Mystères de Poudlard » 30 juil. 2020, 14:20

VI- Les moyens de transport

Grâce aux progrès technologiques de la fin du XIXe siècle, de nombreux moyens de transport existent pour se déplacer.

- La marche à pied, pour la majeure partie de la population.

- Les véhicules à cheval individuels: charrette pour les plus pauvres, calèche pour les plus fortunés (il y a cinq ou six véhicules à cheval différents, mais “calèche” est très bien). Les toutes premières automobiles commencent à apparaître, mais c’est très anecdotique.

- Les véhicules à cheval collectifs : la diligence est une sorte de Flixbus de l’époque, utilisée pour les trajets assez longs, en compagnie d’autres passagers. L’omnibus remplit la même fonction pour les centres urbains (c’est l’ancêtre de nos bus de ville). Enfin, à Londres, on peut prendre le métro, qui existe depuis 1863 et qui dessert plusieurs points de la ville.

- Le train et le paquebot sont les moyens de transport privilégiés pour se déplacer dans tout le pays et dans différents continents.

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Vivre en Angleterre à la fin du XIXe siècle (Moldus)

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Message par Mystères de Poudlard » 30 juil. 2020, 14:20

VII- Un exemple : Londres au XIXe siècle

Puisque Londres va occuper une grande part des propos, voyons la manière dont on pouvait vivre à Londres en 1890.

Au cours du XIXe siècle, de nombreux émigrés viennent compléter la population londonnienne. Parmi eux, beaucoup d’Irlandais qui ont fui la Grande Famine (1840) et de juifs venant d’Europe orientale où ils sont victimes de pogroms.

Comme dans toute grande ville qui se respecte, les épidémies ont été nombreuses. Pour pallier ce problème, un vaste système d'égouts a vu le jour en 1875, et le nombre de morts chuta drastiquement après. Pour la petite histoire, notons que les toilettes publiques apparaissent dès 1852. Signalons aussi que si les familles de classes moyennes vivent souvent dans des maisons avec des salles de bains à la fin du siècle, ce n’est pas encore le cas pour les familles ouvrières.

Même pas peur dans Londres le soir ! Les grandes rues sont éclairées depuis 1883 à l’électricité.

Pour se déplacer, rien de plus facile : des omnibus hippomobiles, utilisés par la classe moyenne, circulent à partir de 1829, alors que les tramways hippomobiles, pour une clientèle dite plus populaire, prospèrent au même rythme en parallèle. Et ce, sans oublier le métro qui sillonne la ville, et les trains qui font “rapidement” la jonction avec la campagne.

Se détendre, pour quelques privilégiés, n’a jamais été aussi facile : de multiples parcs sont arrangés dans la capitale, avec l’ouverture de Regent Park en 1838, de Victoria Park en 1845 et de Battersea Park en 1858. D’autre part, de nouveaux musées voient le jour, à commencer par le Musée Victoria et Albert en 1852. Il est suivi par le musée des sciences qui ouvre ses portes en 1857, puis par le Musée d’histoire naturelle en 1881.

La capitale est une ville professionnelle florissante, hébergeant des raffineries de sucres, des minoteries ou encore des usines pour la fabrication de conserves. Sans oublier les brasseries à travers Londres. Bermondsey et Southwark étaient en ce temps célèbres pour la fabrication de chapeaux et son industrie du cuir, alors que l’on se rendait à Bethnal Green pour de bonnes chaussures. Le quartier de Clerkenwell était quant à lui réputé pour la fabrication d’horloge, de montres et de bijoux.

En somme, de nombreuses industries coexistaient à Londres, mais cela ne mit pas pour autant un frein à la pauvreté. Les foyers étaient souvent surpeuplées et il existait des demeures dans l’East End où une personne pouvait louer un lit pour la nuit avec quelques pièces. Sans argent, vous étiez envoyés dans une maison de travail, où les difficiles conditions avaient pour but de dissuader les gens de demander de l’aide à l’État.

La classe ouvrière londonienne mangeait simplement : pain, beurre, pommes de terre et bacon. Le développement du chemin de fer et des bateaux à vapeur facilita l’importation de graines bon marché venue d’Amérique du Nord qui permit de réduire le coût du pain. La consommation de sucre progressa et la réfrigération permit l’importation de viande d’Argentine et d’Australie. À la fin du siècle, le régime alimentaire de la population s’était ainsi amélioré. Ouf !

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Vivre en Angleterre à la fin du XIXe siècle (Moldus)

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Message par Mystères de Poudlard » 30 juil. 2020, 14:26

VIII- Questions-réponses

A quel âge se marie-t-on en 1890 ?

Pour les classes sociales supérieures, on se marie pour les hommes entre 25 et 35 ans, et pour les femmes entre 18 et 25 ans.
L’âge moyen pour les classes moyennes et ouvrières se situe autour de 33 ans pour les hommes et 24 ans pour les femmes.
Je n’ai pas d’explication sur cet âge pour les femmes, en revanche les hommes devaient, avant se marier, avoir un métier et suffisamment d’argent pour leur permettre de financer leur ménage et leurs futurs enfants, ce qui explique qu’ils se marient aussi tard.

Combien d’enfants a-t-on en moyenne ?

Nous sommes dans une époque en transition, où les progrès de l’hygiène sont nombreux et où les enfants meurent moins. De manière générale, la tendance est à la diminution des familles nombreuses. Avant 1890, il n’est pas rare de voir des familles nombreuses de quatre enfants ou plus. A partir de 1890, on commence à voir apparaître les familles à un ou deux enfants, notamment pour les familles les plus aisées.

Comment se salue-t-on en 1890 ?

En 1890, les codes de politesse ont évolué et vont globalement vers la simplification.

Dans la rue, les sorciers portent leur main au bord de leur chapeau (autrefois, on retirait le chapeau) et les femmes répondent avec un sourire et un petit signe de tête.

La révérence et le baise-main sont réservés aux réceptions. Il s’agit rarement de révérences plongeantes, juste d’une petite révérence ou d’une esquisse de révérence. Quant au baise-main, l’homme s’incline sur la main de la femme, y dépose éventuellement ses lèvres, mais pas davantage, ce n’est pas un vrai baiser.

Sinon, dans toutes les autres circonstances, on se serre la main, adultes comme enfants.

L'apprentissage des langues étrangères en 1890

Depuis la fin du Moyen-Age et la guerre de Cent Ans, l'anglais est la langue officielle de la Grande-Bretagne. A la fin du XIXe siècle, l'apprentissage des langues étrangères est entré dans les moeurs, mais les langues apprises varient en fonction des besoins, et donc de la classe sociale.

Les jeunes hommes de la noblesse ont reçu une éducation classique à Oxford et Eton, et ont donc appris le latin, le grec, et la plupart connaissent au moins le français.

Les jeunes femmes de la noblesse ont reçu une éducation orientée sur leur futur rôle de maîtresse de maison : ainsi, souvent envoyées dans des pensionnats en France, en Italie et en Suisse, elles parlent au moins le français et l'italien couramment, et y adjoignent parfois l'allemand.

Les plus cultivés peuvent également choisir d'apprendre le russe.

Les jeunes gens de la classe moyenne et commerçante apprennent les langues qui leur serviront pour le commerce : l'espagnol (songeons aux liens commerciaux avec l'Amérique du Sud), l'allemand et le français.

Il est à noter que l'on n'apprend pas les langues des colonies (urdu, mandarin...). Pour beaucoup d'Anglais, ce serait déchoir. Lorsque les Britanniques se rendent dans les colonies, la classe supérieure met un point d'honneur à ne parler qu'anglais : ils ont des domestiques locaux qui traduisent les ordres. Pour les classes moyennes et inférieures (soldats etc.), on apprend quelques mots sur place, mais rares sont ceux qui font réellement l'effort d'apprendre la langue locale.

Quelle considération accordée aux métis et aux Noirs en Angleterre en 1890 ?

A la fin du XIXe siècle, tous les Anglais savent ce que sont des métis et des Noirs, et la plupart en ont déjà vu, cela ne suscite plus de réelle curiosité.

Les métis font de leur mieux pour tirer leur épingle du jeu. Socialement, s'ils ont reçu une bonne instruction, on peut en trouver dans le demi-monde des artistes, des écrivains, là où l'originalité sera plus tolérée que dans certains milieux plus fermés. Quelques-uns peuvent devenir militaires (on manque toujours d'hommes). Sinon, ils se placent comme hommes à tout faire, ou, pour nombre d'entre eux, marins.
Il est à noter qu'une Anglaise qui épouse un métis sera mise au ban de la société, tandis qu'un Anglais qui épouse une métisse sera mal vu, mais en fonction du métissage et de diverses considérations sociales, cela peut plus ou moins être accepté. Cela reste cependant rare en Angleterre.

Les Noirs sont peu nombreux en Angleterre. Outre les divers bas-fonds auxquels ils peuvent être confrontés, on peut en trouver quelques-uns dans la domesticité de certaines familles qui veulent être "à la mode" ou offrir une touche d'originalité pour éblouir leurs invités. On en trouve également dans les milieux du cirque, artistes, modèles pour peintres...

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